Archive for janvier, 2010

« Bounded contexts » et persistance

Julien on jan 18th 2010

Dans mon billet précédant, je faisais remarquer que la persistance pouvait être implémentée de différente façon au sein d'un même système dans le cadre d'une approche SOA/CQRS. Laissez moi clarifier ce que j'entends par cela (ou plutôt ce que j'ai appris du maitre, Udi Dahan !).

Il est possible de faire varier la persistance selon (au moins) 2 axes.

Tout d'abord, nous pouvons utiliser un ORM (Nhibernate, Entity Framework, etc) ou avoir une approche plus directe de type ado.net ou procédure stockée. L'idée ici est d'adapter la solution au contexte spécifique du cas d'utilisation.  Voici 2 exemples :

  • On souhaite mettre à jour l'ensemble des commande en cours d'un client pour changer le mode de livraison. Ce processus doit inspecter les commandes non traitées pour vérifier si le poids des colis est compatible avec le nouveau mode de livraison.
    => Ici, le processus de selection ést plus ou moins complexe ET le nombre de commandes en cours est probablement réduit. Un modèle objet est probablement adapté au traitement.
  • Notre système stocke des cours de bourse. Une société annonce un "split" (chaque action sera "coupée" en X de sorte que 1 action avant le split = X actions après le split. => Une société peut être amené à faire ce genre de choses quand elle estime qu'une action est devenue trop onéreuse). On souhaite appliquer le coefficient sur l'ensemble des cours stockés en base pour faciliter certains calculs. On a donc potentiellement des centaines ou des milliers de cours à mettre à jour.
    => Ici, utiliser un modèle objet n'a aucun sens. Une simple requête SQL du type "UPDATE quotes SET price = (price / X) WHERE ..." est clairement plus simple à mettre en œuvre et sera surtout beaucoup plus optimisée !

Peut importe la solution retenue, le plus important est d'assigner la responsabilité du schéma et la lecture/écriture à un seul et unique bounded context. Ce point est capital : il nous garantit de ne pas intégrer différents systèmes par l'intermédiaire d'un point central (la base de données relationnelles) qui sera :

  • difficile à faire évoluer, car couplé à l'ensemble du système
  • un point de défaillance unique
  • un goulot d'étranglement en terme de performances/montée en charge

Par conséquent, chaque bounded doit pouvoir faire évoluer sa persistance de façon transparente pour le reste du système, ce qui implique également que le support retenu peut être différent pour chaque cas (SQL, base objet, base de documents, fichier texte, etc).
Cependant, ce type de décisions sera fortement influencé par l'organisation interne du projet et la taille des équipes. Après tout, si chaque développeur choisit sa propre technologie, il sera difficile de coordoner le transfert de connaissance ou encore les backups. Il est donc tout à fait possible dans un premier temps de se limiter à un même support (ex : SQL Serveur) mais de séparer logiquement les bounded contexts en créeant des bases de données distinctes. Il faudra ensuite veiller à ce que les différents logins utilisé ait un accès limité à une seule et unique base.

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« Command Query Responsibility Segregation » et « bounded contexts ».

Julien on jan 17th 2010

Je sors de mon sommeil pour aborder une question posée sur la mailing list française d'Alt.net qui me tient à coeur. Pour paraphraser, nous avons le cas d'un client qui devient privilégié sur un site de e-commerce, ce qui lui donne droit à une livraison expresse pour toutes ses commandes en cours. L'auteur de la question souhaite comprendre comment est réparti la logique (mise à jour du client / passage des commandes en cours à une livraison expresse) et pourquoi Udi Dahan considère que l'utilisation d'un modèle objet pour représenter le domaine est un détail d'implémentation dans le cadre d'une approche CQRS.

Voici mon interprétation après avoir assisté à la formation d'Udi sur le SOA :

Commençons par la répartition de la logique :

Dans cet exemple, notre commande "MakeCustomerPreferred" sera exécuté dans un bounded context (entendez "service") différent de celui qui gère les ventes en cours. "MakeCustomerPreferred" semble par exemple rattaché à un service de CRM ou de marketing. En conséquence, cette commande ne peut pas mettre à jour directement une entité du bounded context "ventes". Ce n'est pas sa responsabilité (pensez "loose coupling" !) et ce ne serait pas scalable. Une fois que "MakeCustomerPreferred" aura été exécuté, le message handler (l'unité qui va traiter une commande ou un évènement donné) pourra lever un évènement du type "CustomerBecamePreferred". Ce dernier pourra lui même être écouté par un autre bounded context, comme celui des ventes, qui pourra à son tours décider de mettre à jour son sous système en conséquence.

En ce qui concerne l'utilisation d'un modèle objet du domaine :

Quand on applique cette approche architecturale de façon globale, le choix d'utiliser un modèle objet ou une approche "transaction script" devient du cas par cas. Chaque message handler  étant indépendant, on est libre de choisir le meilleur outil pour chaque cas d'utilisation. Par exemple, si on ne fait que mettre à jour un champ d'une table : pas besoin d'ORM ! On pourrait tout à fait imaginer n'exécuter qu'une simple requête SQL de type UPDATE. Au contraire, si l'exécution d'une logique complexe fait parti du processus de mise à jour, alors il se peut qu'un modèle objet soit plus adéquat. (Et d'ailleurs, qui à dit que SQL était le système de persistance le plus adapté à notre cas d'utilisation? Tout dépend !)

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